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Les fesses entre 2 chaises

Étant plus jeune, j’ai souhaité passer ma vie entière avec un seul homme. Fonder une famille et m’épanouir dans un ménage inébranlable, amoureux et passionné. Bref, comme plusieurs en vieillissant, je fus «désillusionnée» en amour et surtout amèrement déçue des agissements des gens. J’ai toujours trouvé la monogamie assommante, lassante et redondante. Certes, c’était pour les autres. Je ne pourrais donc jamais condamner ou tenir rigueur à un individu de s’être perdu dans ce fléau charnel, puisque j’ai souvent mérité la médaille d’or sur le podium de l’adultère et de l’auto-sabotage. Pourtant, je regarde mes parents qui sont ensemble depuis plus de 38 ans et mon petit frère en couple depuis 10 ans et j’ose espérer être capable de me rendre là moi aussi.


En 2020, on sait que l’infidélité et la peur de l’engagement sont parmi les causes les plus fréquentes concernant les ruptures dans les couples. Pour ma part, j’ai douté et j’ai eu peur des deux. En tant qu’être humain, nous éprouvons tous le besoin fondamental de vouloir concéder à la séduction et l’attraction. C’est compréhensible d’éprouver des incertitudes quand vient le temps de choisir entre la monogamie ou la polygamie. C'est complexe d’essayer d’atteindre le juste milieu puisque considérer cohabiter exclusivement avec le désir et la tentation semble très envoûtant. Nous sommes dans une forme de revendication illusoire vers l’interdiction de faire disparaitre nos sentiments les plus puissants…la fièvre amoureuse, l’exaltation et l’engouement réciproque qui brûlent si ardemment lorsque nous amorçons une nouvelle relation. Lorsque ces sentiments commencent à s’altérer, brusquement un avertissement se fait ressentir incessamment au plus profond de nous… soit une «sorte» de frayeur qui nous propulse vers l’interrogation. Est-ce la fin de notre amour? Est-ce la fin de cette parfaite symbiose entre se sentir vivante et en contrôle? Dois-je changer de partenaire ou bien apprivoiser cette crainte ? Selon l’ordre des choses, la passion et l’amour évoluent pour se transformer en un «quelque chose» de plus fort: des fondations solides. Voilà le moment où j’ai volontairement décidé de converger vers une autre destination, «le couple-ouvert», pour m’éviter cet embarras. Souvent les gens ne comprennent pas ce choix et possèdent des jugements. «Si vous êtes sérieusement en amour, pourquoi aller voir ailleurs?», « Tu penses vraiment que ton couple peut grandir là-dedans?»


J’ai pourtant réussi à entretenir cette relation non-exclusive durant presque 4 ans… Étrangement, puisque j’avais désormais le consentement de faire ce que je voulais dans la franchise, durant plusieurs mois, je n’ai pas éprouvé le besoin de le faire. Pourquoi? Parce que, selon moi, nous voulons généralement ce que nous ne pouvons pas avoir. Durant cette union, je fus comblée, car la liberté est une aisance que nous ne devrions jamais déconsidérer. J’ai ressenti le sentiment de puissance et d’invincibilité comme si j’étais différente d’avoir contourné les règles. Je vivais au travers de mes idées pré-conçues d’une belle émancipation. N’ayant jamais été une fille jalouse, je pouvais crier « jackpot ». Je pouvais vivre des aventures risquées et me laisser bercer par les impressions des premières rencontres. Avoir le beurre et l’argent du beurre. Donc vivre une vie de couple « standard » et plonger dans une vie furtive gonflée d’appétit et de tentation. Parfois, ça devenait une bataille entre mon besoin de liberté et mon besoin de vouloir être la femme d’un seul homme. Parce que oui, c’est tout aussi excitant d’être exclusif avec son copain et bâtir une existence qui refuse de croire que l’amour compte les journées.



Suite à plusieurs ententes brisées et de l’excès, nous nous sommes condamnés, endommagés et oubliés dans cet affaiblissement sentimental. Ceci m’a amené au point où j’ai capitulé et abandonné toutes les règles. Encourager la consommation peut facilement te pousser vers la sur-consommation. J’ai essayé de protéger et sauver mon coeur en m’évertuant de devenir maître de mon existence en me prouvant que je pouvais encore contrôler certaines choses. J’aurais dû investir dans notre amour, car il existait toujours! J’ai opté pour l’auto-sabotage, l’option la plus simple. Les sorties étaient plus fréquentes, j’ai choisi de m’imprégner de superflu en valorisant l’artificiel et l’irrationnel. Je me suis mise en danger simplement pour me prouver. Je fus plongée dans une aventure secrète qui a duré 2 mois et demi. Je ne réalisais pas que je fonçais dans un mur à 100km/h. Je me suis fait duper au jeu que je croyais avoir rédigé les règles. Bref, j’ai perdu…


Quelques mois plus tard, la poussière est retombée et nos perceptions sont devenues moins troubles. Nos grandes conversations étaient basées sur l’accablante condamnation que nous nous étions nous-mêmes infligée. Cette suffocante alternative qui nous semblait jadis être l’idée du siècle. Nous avons été choqués et désemparés de constater que durant cette périlleuse aventure, les deux nous avions à plusieurs reprises voulu interrompre l’arrangement et simplement nous aimer. La ligne est fine entre l’amour et la souffrance, car ce qui ne te blesse pas directement peut être dommageable pour l’autre. Il est impossible de prédire et d’éviter les obstacles de la vie. Être un couple ouvert, c’est de s’exposer volontairement au coup de foudre, à la remise en question, à l’idéalisation de l’inconnu et de revendiquer toujours davantage. Cette amertume peut provoquer bien des dégâts comme la jalousie ou la vengeance. Bref, c’est de vivre dangereusement en côtoyant une bombe à retardement puisque les risques d’explosion sont très élevés.



Nous étions sans l’ombre d’un doute bouleversés et désormais contre la pratique. Mais dans la vie, il faut apprendre de ses choix et nous savions que nos prises de conscience allaient désormais servir pour les prochaines personnes qui partageront nos vies. Ma prise de conscience face à cette décision est désormais élucidée. J’ai tranché vers le couple ouvert par appréhension de me faire tromper , de ne pas être à la hauteur et dans le but de me sentir à l’abri de la direction que prennent les histoires amoureuses à notre époque. Je préférais me faire dire la vérité après une histoire d’un soir que de me faire jouer dans le dos. Par contre, j’ai perdu confiance en l’amour et en la durabilité d’un couple. J’ai perdu ma douceur face aux nouvelles personnes que je rencontre et qui pourraient partager ma vie. Je suis constamment sur mes gardes et je cherche sans arrêt l’obstacle qui va nous achever. Bref, pour moi chaque couple venait avec une date de péremption.



Le bon coté des choses est que j’ai gagné en indépendance! Je perçois la vie plus légèrement, je connais mes limites, ma façon de penser a évolué, mon coeur est plus stable et je m’accepte comme je suis. En gros, j’aime la femme énergique et équilibrée qui a émergé de cette histoire. Je trouve important de me définir par mes accomplissements personnels que par mes choix amoureux. Définir mon identité et me sentir vivante est une priorité. J’ai cette chance dans la vie d’être bien entourée et d’avoir des amis en or qui m’ont fait comprendre que je devais laisser tomber cette carapace de fille faussement inébranlable pour donner place à ma vulnérabilité. Au final, il n’y a rien de démoralisant et stagnant à accorder son énergie à construire une relation stable et nous permettre de faire confiance. Je me sens donc désormais prête pour la stabilité. Vivre un amour exclusif inébranlable et sans limite m’apparait désormais essentiel et inestimable.


C’est différent pour chaque personne et il n’existe pas de formule gagnante pour trouver le juste milieu. Si jamais tu te poses des questions et que mon article te parle, je te dis simplement de t’aimer en premier, le reste suivra. Je n’ai rien contre les couples ouverts puisqu’avoir eu les mêmes besoins que mon partenaire, nous serions sans doute encore heureux là-dedans. Nos motivations principales n’étaient pas les mêmes…


Je nous souhaite à tous de tomber en amour et de choisir le chemin qui nous convient le mieux. Je souhaite être la femme d’un seul homme, mais je n’ai rien contre les trip à trois de temps en temps haha :)


Popper (Numéro 69)

Émilie Pomerleau / Prince de l’équipe des jaunes

On lui reconnaît un talent fou pour le party et les blagues grivoises. Sa fougue la mène à devenir copropriétaire du c’est beau ou elle aime démocratiser le savoir faire québécois. Mais derrière ce caractère de feu se cache un amour tendre pour les animaux, les musiciens et surtout... les châteaux



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