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Donnant-donnant

Dimanche 14 octobre, 14 h. Je suis évachée de tout mon long sur mes deux mastodontes de valises afin de fermer tant bien que mal leur fermeture éclair. Vont-elles exploser en cours de route, ou vont-elles tenir le coup? Je prends une grande respiration et je les descends de peine et de misère trois étages plus bas, en route pour l'aéroport.


Presque 24 heures plus tard, nous sommes catapultées dans un mini bus hippie, aux rideaux brunâtres qui deviendra étonnamment au fil des jours notre repère rassurant et qui nous mènera dans toutes nos aventures. Notre premier contact avec l'Inde se fera dès l'aube, rare moment où la ville de Calcutta dort encore. Notre bus nous dépose non loin de notre hôtel et nous marchons plusieurs minutes parmi des déchets brûlants, des familles endormies sur le sol, des chiens errants, des odeurs douteuses, le cri strident des corneilles... Le premier contact est fait! Après une courte sieste, on rejoint Rachel, notre ange accompagnatrice, qui nous briefe sur le plan de match des deux prochaines semaines. Au menu : cliniques de rue, ramassage de déchets, beaucoup d'amour à donner et surtout le parrainage de nos "girls", les petites filles d'une communauté vivant sous un viaduc à qui nous allons apprendre à jouer à la balle.


C'est lors de la deuxième journée que nous avons enfin fait leur connaissance. Elles semblaient intimidées, mais je les comprends : Une gang de 16 adultes un peu trop contentes d'être là dans nos petits leggings et nos chandails trop grands, qui parlent français et qui jouent à un sport un peu louche. À la mode indienne (c'est-à-dire sans trop d'organisation et de préparation) nous allons "choisir" notre protégée. Je me souviens l'avoir trouvée tellement mignonne avec ses grands yeux bruns. Je l'ai sizée tout de suite avec sa timidité et sa gêne, et je me suis reconnue un peu. C'était la mienne!



J'ai donc passé 2 semaines en compagnie de Jiya, 11 ans. Ce serait mentir de dire que nous avons cliqué au premier regard. Premièrement, elle était une des rares filles qui ne parlaient pas du tout anglais... j'ai donc pratiqué mes talents de mime pour qu'elle comprenne les rudiments du baseball et qu'elle garde les yeux sur la balle. Notre relation s'est bâtie au fil des jours et elle s'est peu à peu ouverte à moi. Je la prenais sur mes épaules et elle me faisait une manucure deux couleurs. Donnant-donnant, quoi!


Le clou du voyage fut lorsque nous avons visité leur maison. Jiya avait tellement hâte de me présenter à sa famille qu'elle me tirait par la main dans les passages sinueux du village jusqu'à son petit logis. Son père et sa soeur m'attendaient avec impatience. Ils avaient même installés deux chaises côte à côte, une pour moi, et une pour Jiya. Ils m'ont proposé à manger et à boire, même s'ils n'ont que le strict minimum pour survivre, je n'en revenais pas! J'ai pris place et nous avons échangés quelques mots à propos de la maison, de Jiya, du village, etc. La maison devait être aussi grande que le walk-in d'un condo à Brossard. Un un et demi, avec une pièce principale où toute la famille dormait dans le même lit, et une demie, qu'on devine la cuisine, si on peut appeler un brûleur au gaz et deux chaudrons une cuisine. 



Ça m'a fait chaud au coeur de voir que malgré la pauvreté, elle était entourée d'une famille chaleureuse et aimante. À nos adieux, je lui ai remis ma casquette que j'avais portée tout le voyage, mais ce qu'elle désirait vraiment (et elle me le rappelait souvent en me tapant le poignet - on se rappelle nos talents de mime) c'était mon bracelet des Princes. Une petite chaîne arborant un pendentif en forme de balle de baseball. Plusieurs filles avaient apporté le leur en voyage et en avait fait cadeau à leur fille. Je l'avais malheureusement laissé à Montréal, mais je promis de lui envoyer à Noël. Rachel a pu lui apporter lors d'un voyage suivant. J'espère qu'elle a également apprécié ma carte rédigée en bengali-ish (merci Google Traduction). J'espère aussi qu'elle sait que je pense à elle souvent et je souhaite de tout coeur qu'elle puisse avoir un bel avenir.  


Leduc (Numéro 14)


Caroline Leduc / Prince de Calcutta


Caroline est une fille discrète à première vue, mais qui sort constamment de sa zone de confort en se lançant des défis de taille. Que ce soit pour son arrivée dans les Princes, pour son départ à Calcutta et ses pratiques pour devenir une joueuse étoile (elle fait des coups de circuits à presque tous les matchs), Caro nous réserve toujours des surprises. Watch out pour ses prochains challenge!






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